L'histoire du luger Suisse ou Parabellum

24 janvier 2008

La genèse

A la fin du 19ème siècle, l’administration militaire Suisse compétente se mit en quête de nouvelles armes à feux. Les conditions insatisfaisantes dans lesquelles un revolver produisait des gaz lors de l’explosion de la charge donnèrent les motivations suffisantes pour la recherche d’une nouvelle arme. Le revolver Modèle 1878 ne fut en outre jamais très apprécié, de sorte que les autorités militaires pensèrent à le remplacer dès que possible par une arme plus satisfaisante.

M1878

Image: Revolver Modèle 1878, arme d'ordonnance

Les développements techniques en matière d’armement avaient déjà apportés d’excellents revolvers en ces temps là et l'armée Suisse avait adopté le revolver modèle 1882 de Schmidt-Galand. C’était d’ailleurs pour l’époque une arme tout à fait fonctionnelle et utilisable comme arme d’ordonnance.

M1882

Image: Revolver Modèle 1882, arme d'ordonnance

Mais dans les années 1890 tout une vague d’innovations et de nouvelles constructions fit son apparition. Surtout des pistolets automatiques firent leur apparition sur le marché et essayèrent de remplacer par leurs multiples avantages les vieux revolvers. En 1897 fût nommé un chef des services de l’administration du matériel de guerre avec la tâche des réaliser une étude approfondie des nouvelles évolutions des pistolets afin de trouver une nouvelle arme de poing pour l’armée.

Du 24 novembre au 8 décembre, toute une série de tests furent réalisée à Berne. Les pistolets de Borchardt-Luger, Mauser, Bergmann, Roth et Männlicher furent analysés. Chacune de ces armes fut testée de différentes façons et un système de notation par points servit à leur évaluation. Les constructeurs Borchardt-Luger et Männlicher cristallisèrent toute l’attention, alors que les autres constructeurs furent éliminés. Une nouvelle série de tests fut réalisée du 1 au 3 mai 1899 et elle prit en compte, en plus des modèles précédemment retenus, les pistolets de Hauff et Browning.

Ces autres évaluations extrêmement complètes montrèrent la supériorité évidente des pistolets Borchardt-Luger produits par les usines de munitions et d'armes allemandes (DWM). Même lors des examens de résistance à l’eau et à la poussière, ils furent les seuls pistolets sans dérangements. La seule modification qui fut demandée sur les pistolets présentés, fut l’ajout d’une sécurité mécanique en plus à la sécurité automatique déjà présente.

Au moment de l’adoption par l’armée Suisse des pistolets de Borchardt-Luger comme arme d’ordonnance, DWM reconnu aussi que ce pistolet présentait un énorme potentiel de vente. Il reçu alors le nouveau nom de "Pistolet Parabellum". On voulu ainsi donner à ce pistolet un nom court et percutant. Pour cela on prit comme nom l'adresse du télégraphe de la DWM qui était "Parabellum". Ce mot avait été extrait de la devise romaine " Si Vis Pacem Parabellum", si tu veux la paix, prépare la guerre.

Cette devise devait ne pas trop mal réussir à la Suisse dans le siècle qui suivit, puisqu'elle évita de participer à deux guerres mondiales pendant les années de services du Parabellum ou Luger Suisse.

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Image: Parabellum Modèle 1900, arme d'ordonnance

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23 janvier 2008

Un peu d'histoire

L’histoire du pistolet parabellum en Suisse

Titre original : «Die Geschichte der Parabellum-Pistole in der Schweiz»

par Reinhard Kornayer, vers 1970.

Traduction librement adaptée et complétée par l’auteur de ce blog 

Introduction :

L’histoire du pistolet Parabellum en Suisse

Le pistolet Parabellum

Dans la foulée de nombreux pays dans lesquelles le pistolet parabellum avait été introduit comme arme d’ordonnance, de protection personnelle ou pour le tir sportif, la Suisse a pris une position toute particulière.

Comme premier pays, et surtout avant l’Allemagne qui est la mère-patrie du pistolet parabellum, la Suisse a reconnu les valeurs de cette arme et l’avait adopté à la fin du 20ème siècle comme arme d’ordonnance pour ses officiers.

En 1898, Georg Luger avait déposé un brevet pour une version améliorée du pistolet Borchardt. La fabrique d’armes et de munitions de Berlin (DWM, Deutschen Waffen und Munitionsfabriken) essaya immédiatement de vendre ce pistolet novateur et très prometteur dans différents pays d’Europe, d’Amérique du Nord et du Sud comme arme militaire. Naturellement, l’adoption par l’armée Suisse de cette arme donna une excellente impulsion et servit de référence remarquable pour DWM.

Un 2ème point essentiel est que la Suisse fût le dernier pays à produire ce pistolet. Dès 1917, elle commença à produire elle-même le parabellum dans sa fabrique d’arme de Berne (Waffenfabrik Bern). Il s’agissait de pallier aux limitations de production imposées à l’Allemagne, suite de sa défaite de la première guerre mondiale et qui menaçaient l’approvisionnement en arme de poing de l’armée Suisse. L’arrêt de la production de la production allemande par Mauser-Werke à Oberndorf  en raison des coûts très élevés de fabrication fût très antérieur. L’aspect économique fût également déterminant pour l’arrêt de la production Suisse. Elle s’arrêta en 1948 avec l’introduction du SIG P210 ou Modèle 49.

Le 3ème point significatif apporté par la Suisse dans l’histoire du pistolet-parabellum fût que ce pistolet n’a pas été introduit uniquement dans l’armée, mais également des les corps des gardes frontières, de police et finalement comme elle fût extrêmement appréciée des tireurs sportifs.

Aujourd’hui encore, on trouve des tireurs, dont un de mes bons amis, qui exploite régulièrement les performances incroyables de cette arme à 50m. Bravo Gilbert.

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